7 ans à bâtir une entreprise. Voici ce que j’aurais aimé savoir avant.

J’aurais aimé qu’on me dise que bâtir une entreprise n’avait pas grand-chose à voir avec l’image que je m’en faisais.

Que certaines années seraient extraordinaires. Que d’autres me demanderaient absolument tout ce que j’avais.

Quand j’ai commencé, je savais créer. Je savais avoir une vision, construire une image, raconter une histoire, travailler énormément. Mais être entrepreneure? Ça, je l’ai appris en le faisant.

Et je pense que c’est probablement la première chose que j’aurais aimé savoir : on peut être excellente dans ce qu’on fait et ne rien connaître encore à l’entrepreneuriat.

Pendant sept ans, j’ai appris sur le terrain. J’ai pris de bonnes décisions. J’en ai pris de très mauvaises aussi. J’ai connu des périodes où tout allait tellement vite que j’avais l’impression que rien ne pouvait nous arrêter. Et d’autres où mon seul objectif était de trouver comment passer à travers la semaine suivante.

Avec le recul, je réalise qu’on parle beaucoup de la création d’une entreprise. Beaucoup moins de ce qui arrive après.

La croissance n’est pas toujours une victoire.

C’est probablement l’une des choses qui m’a le plus surprise.

On nous apprend à regarder le chiffre d’affaires, le nombre de points de vente, les nouveaux contrats, la croissance. De l’extérieur, ce sont les marqueurs d’une entreprise qui fonctionne.

Mais une entreprise peut grandir et devenir, en même temps, beaucoup plus fragile.

Plus de ventes peut vouloir dire plus d’inventaire, plus d’employés, plus de dépenses, plus de décisions, plus de risques et surtout… beaucoup moins de marge d’erreur.

Ça, je ne l’avais pas compris au début.

Savoir créer n’est pas savoir gérer.

J’ai longtemps pensé que travailler plus fort réglerait beaucoup de problèmes.

C’est faux.

À un certain moment, une entreprise n’a plus besoin que sa fondatrice travaille davantage. Elle a besoin de structure, de chiffres, de processus et parfois de décisions qu’on n’a aucune envie de prendre.

Et quand ton entreprise est aussi ton bébé, la frontière entre ce qui est rationnel et ce qui est émotionnel devient parfois dangereusement mince.

Je referais pourtant beaucoup de choses pareil.

C’est peut-être ça, le plus étrange.

Avec tout ce que je sais aujourd’hui, il y a évidemment des décisions que je ne reprendrais jamais.

Mais je ne voudrais pas non plus effacer ces sept années.

Parce qu’elles m’ont appris quelque chose qu’aucun cours, aucun livre et aucun podcast n’aurait pu m’apprendre : la différence entre connaître l’entrepreneuriat et l’avoir vécu.

Aujourd’hui, je peux regarder certaines de mes décisions et comprendre exactement pourquoi elles étaient mauvaises. Pas avec honte. Avec expérience.

Et c’est précisément ce que j’ai envie de partager ici.

Pas une version parfaite de l’entrepreneuriat.

La vraie.